A vrai dire rien n'est faux, imaginaire, atroce et dérisoire. Tout est réel, vraissemblable, parfait et même probable. J'ai retrouvé de vieilles photos, j'hésite à les jeter puis je me dis tant pis. Tout ce mal est fait, rien ne sert de le nier. Ni de le rejetter. Notre jeu est un jeu d'enfant, de gamins de seize ans. Même si tu as toujours été plus agé. Notre jeu est un jeu dangereux et assez ennuyant. Une seule règle, tu vis et moi je crève. Tu joues et moi je te regarde faire. Je pleure et toi tu tends la main. Je me relève, toi tu pars. Viens me faire espérer, aller viens me blesser. Viens me dire ces choses auxquelles tu ne crois pas une seconde. Viens me faire perdre des heures à regarder les horloges en pleure. Viens arracher ce temps si précieux à la vie. Viens me gâcher ces chers instants. Viens me faire tout oublier jusqu'à mon nom et mon chemin inexistant. Ou plutôt ne viens pas. Ne viens plus. Un sourire éphémère voilà ce que tu m'offres. Une douloureuse nuit et des cernes incroyables, des yeux teintés de larmes voilà ce qu'il me reste après tes rares retours. Ton mutisme te va si bien, pourquoi le romps-tu ? Tes silences me vont si bien, pourquoi les sacages-tu ? Je veux que tous sachent. Mon passé est mon passé. "Les personnes heureuses n'ont pas d'histoire." Je veux que tous sachent. Qu'il n'y ait plus de surprises, de fausses interprétations, de justifications, de mal. Qu'il n'y ait plus de mal. A vrai dire rien n'est vrai, réalisable, possible ni même pensable. Tout est faux, inventer, ignoble et éphémère. Tout est passé, plus rien ne compte.